Compagnie Cap Sur Scène

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Mère Geneviève Gallois Brise-idoles : note d'intention du metteur en scène


Je suis tombée amoureuse de Mère Geneviève.

J'aime tant ces personnages forts, bruts, écorchés et finalement un peu désaxés lorsqu'on fouille de près. J'aime tant ce personnage de Mère Geneviève, si tranché qu'il ne laissera jamais indifférent et avec qui on ne peut pas s’ennuyer.

Qui plus est, Mère Geneviève n'est pas qu'un personnage, puisqu'elle a réellement existé.

Artiste et bénédictine dotée d'un fort caractère, on la trouve toujours, à outrance et en toutes choses, à la recherche de l'étincelle brute, première et véritable.

Alors, quelle richesse de travailler à partir de ce qu'elle nous a laissé : les correspondances, les vitraux, les dessins, les peintures, les caricatures,... et aussi de travailler avec son Abbaye, d'y entendre les échos, les murmures et les ouragans (si délicieusement rocambolesques parfois) qu'elle a laissés sur son passage.

Telle qu'elle apparaît dans son histoire écrite par
Véronique Maas, cette "charbonnière" (on la surnommait ainsi aux Beaux-Arts) haute en couleur est un fabuleux prétexte à faire de l'Art brut, du créatif pur, une ode à la création. Ce personnage atypique ouvre les possibles pour une création atypique, dont les codes et conventions se brouillent pour s'enrichir mutuellement. Parce qu'avec Mère Geneviève, c'est le geste artistique qui compte, le geste créatif, le mouvement hautement inspiré.

Ainsi, nous allons tout mettre en mouvement. Le théâtre est reconnu comme étant un art au caractère factice et reproductif. Mère Geneviève donne la fabuleuse opportunité de créer de la vie, de donner vie, vers un faussement vrai, un vraiment faux, et toujours vivant.

Tout d'abord, nous croisons les disciplines. L'expression artistique se démultiplie ainsi sous nos yeux en formes théâtrale, plastique, graphique, video, et musicale, avec orgue et chants grégoriens.

Ensuite, deux univers se rencontrent, celui de l’Eglise et celui des artistes, tout comme Mère Geneviève a fini par les réunir dans sa vie. De plus, cette exploration du brut devient totale lorsque nous avons l'opportunité de jouer dans l'Abbaye et, ainsi, d'expérimenter les origines même du théâtre.

Enfin, le ton est hautement onirique et dynamique, quand le réel et l’imaginaire s'entrechoquent. La présence d'un être imaginaire, Petit Placide, l'épilogue réunissant vivants et morts, le découpage en tableaux, en bribes de vie, en bouts de Mère Geneviève, sont autant d'éléments qui relèvent son caractère hors norme et inspiré, en faisant la part belle au geste créatif, à l'art, à l'art d'être un soi tout brut, tout entier.

Charlène Lauer, août 2019